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Les expressions du vélo
Extraites de l'ouvrage : Le Tour, 100 ans de légende

Le 1er juillet 1903, une escouade de coureurs prenaient le départ d'une nouvelle course cycliste. Le Tour de France entrait dans l'histoire.
Pour le centenaire de cette prestigieuse épreuve, Larousse propose un ouvrage pas comme les autres, un ouvrage qui pénètre dans la course au plus près, depuis le départ jusqu'à l'arrivée, en passant par la montagne, les contre-la-montre, les échappées, les drames, les jours sans...
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Allumer les phares

On dit d'un coureur dont l'allure et le comportement sont suspects qu'"il a allumé les phares" pour indiquer qu'il a dû avoir recours à des ingrédients suspects avant de prendre le départ.


Avoir de la laine sous les ongles

Un coureur qui a de la laine sous les ongles est un coureur qui, au cours d'un sprint, a accroché le maillot d'un adversaire en vue de le freiner dans son effort et d'acquérir une vitesse de propulsion supérieure. Cette manœuvre, illicite, est punie si elle a été surprise et est très dangereuse puisqu'elle peut provoquer la chute dans un peloton lancé à toute allure.


Avoir la socquette en titane

Se faire remarquer par l'efficacité d'un coup de pédale harmonieux et aérien qui permet de suivre tous les trains et répondre sans effort apparent aux changements de rythme.


Avoir le mollet en surcharge

Peiner à enrouler le braquet et avoir le coup de pédale saccadé. La perspective d'être sorti des roues se précise.


Becqueter de l'aile

C'est, pour un concurrent, profiter de la présence d'un véhicule suiveur pour se relancer sans avoir à exercer le moindre effort. C'est la fameuse "rétropoussette" que les commissaires de course surveillent de près, à charge pour eux d'infliger des amendes au coupable, voire de le pénaliser en temps.
C'est évidemment en montagne que ce genre de gymnastique est le plus couramment observé, les spéctateurs accentuant le phénomène en poussant les coureurs, que ceux-ci sollicitent ou non cette aide secourable, mais illicite. Cette expression n'a rien à voir avec le ravitaillement indispensable au champion cycliste.


Descendre comme une caisse à savon

On dit d'un coureur qu'il descend comme une caisse à savon quand il marque beaucoup d'hésitation dans les virages et a toujours les doigts crispés sur les poignées de frein. Comme une caisse à savon, il glisse le plus souvent sans contrôle.


Être dans la pampa

On dit d'un coureur qu'il est dans la pampa quand il navigue loin derrière le peloton et qu'il reste livré à lui-même. Il est rare qu'un coureur "pédalant dans la pampa" ne se réfugie pas bientôt dans la voiture balai.


Faire dégueuler sa bouillie

Contraindre en l'attanquant sans discontinuer, un adversaire à lâcher prise sans possibilité de rétablir la situation. Il ne faut naturellement pas prendre cette expression dans son sens littéral : Les coureurs ne s'alimentent pas avec de la bouillie, en dépit du mystère des fameuses "topettes" (fioles contenent des produits prohibés).


Faire le métier

Sous cette expression anodine (les coureurs du Tour étant des professionnels, quoi de plus naturel de faire le métier ?) se cache une réalité plus exigeante. Faire le métier, c'est s'entraîner avec rigueur, soigner sa diététique et sa préparation biologique. Faire le métier, c'est aussi faire le cobaye.


Faire rougir les 13 dents

Expression ancienne qui signifiait "se mettre sur le grand plateau" et pousser le développement le plus grand possible. On dirait de nos jours faire rougir les 11 dents puisque le 11x56 développe 11,6 m à chaque coup de pédale.


Gagner à la pédale

Faire preuve de supériorité sans s'encombrer d'arguments tactiques en réduisant l'adversaire à la défensive. Gagner à la pédale, c'est être le meilleur.


Mettre la barbiche

Gagner d'extrême justesse un sprint, donc devancer un adversaire "d'un poil de barbe".


Mettre la grande soucoupe

Utiliser, à l'avant, le plateau le plus important possible, afin d'obtenir le développement maximal. Technique utilisée par les athlètes robustes : elle est particulièrement exigeante.


Pédaler dans la semoule (ou la choucroute)

Éprouver le plus grand mal à se mettre dans l'allure, à soutenir le train imprimé au peloton et sentir qu'on n'est pas en mesure de trouver des ressources pour accélérer. Quand on pédale dans la choucroute, cela signifie aussi que l'on est à la rammasse, autre manière de dire que l'on attend des jours meilleurs.


Rouler en bordure

Disposition adoptéé par l'équipe en file indienne sur un bords de la chaussée pour minimiser les effets des vents contraires.


Rouler la caisse

Se dit d'un coureur qui démarre à tout bout de champs, qui en fait trop. Il s'expose à quelques retours de bâton de la part des ses adversaires, voire de ses partenaires.


Scier du bois

On dit d'un coureur qui éprouve des difficultés à suivre l'allure qu'il "scie du bois" parce qu'il se déhanche, se désarticule, pour tenter d'appuyer le plus fort possible sur les pédales.


Suceur de roue

Contrairement à ce qu'une lecture trop rapide de l'expression pourrait donner à penser, un suceur de roue n'est pas un coureur qui confond une roue de vélo avec un sucre d'orge, mais un malin qui s'exonère de sa part de travail en refusant d'assurer des relais. Le suceur de roue a mauvaise réputation. C'est un partisan du moindre effort. En revanche, "prendre la roue" d'autrui, c'est simplement se mettre dans son sillage, sans intention de s'y incruster.

 
Visser la poignée

Accélérer l'allure avec brutalité et sans préavis, un peu comme un motard quand il "met les gaz" en tournant la poignée qui les commande.